Thème: Rap pou konprann sida
•   Objectif du Projet
Présenter et faire la promotion de jeunes talents de la zone de Bel Air et de ses environs tout en les impliquant, à travers leur musique, à la lutte contre le Sida et les Maladies Sexuellement Transmissibles en général. En effet, le Sida est une maladie grave et irréversible que l’on ne peut combattre aujourd’hui, particulièrement chez les jeunes du ghetto, qu’à travers des messages afin de promouvoir un changement dans leurs comportements et briser certains préjugés. Cette attitude par apport au Sida dans les zones déjà sensibles fait apparaître une autre forme de violence par l’exclusion, l’ironie vis-à -vis des personnes atteintes du Sida.
•   Groupes Cibles
Jeunes musiciens/artistes (femmes et hommes) des groupes de RAP de la zone de Bel Air et de ses environs (Fort Touron, La Saline, Delmas 2, Solino, Bastia, Fort National et Bel Air). Jeunes femmes et hommes en général.
•   Justification du Projet
Le premier grand artiste rapeur haïtien, Master J, est décédé du Sida en 1994. Master J est devenu, après sa mort, la référence Rap des nouveaux artistes rapeurs en Haïti. Malgré ses talents de musicien rapeur, Master J connut cependant l’humiliation due à sa maladie, sans aucun doute du fait que ses jeunes fans étaient ignorants quant à la maladie qu’est le Sida. Un goût amer demeura 10 années encore au sein de la communauté Rap Créole.
De plus, avec l’influence du rap américain (gangster rap) dans les années 90, le rap créole devient peu à peu une référence à la violence, que ce soit à travers les textes musicaux, les comportements des musiciens, l’habitude vestimentaire des musiciens et des fans, ou encore le rapport et le rôle du groupe de rap dans la « base ». Exemple : conflit ouvert entre Barikad (Carrefour Feuille) et Rock Fanm (Delmas).
Par ailleurs, il est important de ne pas oublier l’impact qu’a eu la sortie de l’album rap d’Evens Ti Kouto en 2006. Il est évident que le rap créole a un rôle connecteur avec le cercle de la violence à travers le message porté, le style et la position des artistes qui les rend négligeants dans leurs comportements (sexe, drogue) vis-à -vis du Sida.
Ainsi, ce projet permettrait de renforcer non seulement le rap créole en facilitant les jeunes talents du « ghetto » à faire leur promotion sur le marché musical et culturel, mais aussi à transmettre un message aux jeunes afin qu’ils prennent conscience des comportements à avoir face au Sida et aux MST en général, qu’ils prennent conscience de la valeur de leurs rêves et de leur vie. Cet objectif atteint permettrait avant tout de proposer aux jeunes rapeurs des « bases » de se tourner vers de nouveaux sujets comme la paix, l’amour, la joie, l’honnêteté, la tolérance, la prison, la criminalité, ou les abus de tout genre, ce qui garantirait la non transmission des messages de violence.
Enfin, ce projet donnerait la chance aux jeunes artistes d’avoir un emploi honnête à travers leur principal intérêt : la musique. Mais surtout, leurs musiques entendues de tous, en particulier chez les jeunes, auraient un impact considérable sur la jeunesse haïtienne – les jeunes préférant le rap à la violence – et l’inciterait à réfléchir davantage sur le lien entre Sida et violence non seulement dans leur communauté, mais aussi dans le monde entier.


16 Setembro 2008
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