Avoir une petite maison en Haïti constitue une richesse capitale pour tout citoyen. A tel point qu’elle contribue à placer l’haïtien dans une catégorie sociale. La famille Sainvil qui avait leur maison bien entretenue à la rue tiremasse vient d’être, selon nos constats, déclassée. Avec 6 enfants qui ne peuvent manger à leur faim, Monsieur Edouard Sainvil accuse l’inaction du gouvernement haïtien suite à ce séisme qui continue à faire verser des larmes jusqu’aux quatre coins de la terre.
Dans la soixantaine, Edouard est très courageux pourtant. Alors qu’il critique la lenteur du gouvernement, il se met en action. Il essaie comme beaucoup d’autres de se construire une petite maison pour héberger sa famille et ses six enfants dont une fille.
La femme d’Edouard, originaire de Jérémie, Lénise Louis aide son mari dans la recherche de moyens pour construire cette petite maison de fortune en bois et tôles. « Notre maison s’est aplatie sur nous et nos six enfants qui étaient devant la télé. Nous sommes sortis vivants grâce à Dieu. Seule notre fille a eu une petite fracture ».
Depuis le 12 janvier dernier, la famille Sainvil dort à la belle étoile à la rue tiremasse dans la poussière et sur les déchets. Edouard est plus que frustré mais garde son sang froid le moment n’est pas à la tractation mais à la compréhension et à la solidarité. Toutefois il ne peut pas passer l’occasion pour critiquer le gouvernement. « Ceux qui disent (le gouvernement) offrir de l’aide sont en effet venus, ils nous ont donné une petite carte mais sont ensuite partis avec toute l’aide qui nous était destinée» confie impuissant ce père de six enfants.
Monsieur Edouard ne sait pas vraiment ce que l’avenir lui réserve mais croit que qu’il ne faut pas rester inactif même si son atelier de travail s’est effondré. « Mon atelier a été effondré et je suis depuis 14 jours à la merci de Dieu et des prochains. C’est la solidarité de nos nouveaux voisins qui nous fait vivre désormais. Nous n’avons rien pu sauver dans notre maison » déclare-t-il la peine dans l’âme.
Alors que le gouvernement prône la délocation des camps de refugiés pour la Croix-des-Bouquets dans une nouveau centre avec les services de base (eau, nourriture, matériels sanitaires…), les refugiés n’entendent point se déplacer. La famille Sainvil est, pour sa part, divisée sur ce point. La femme d’Edouard ne peut se faire à l’idée d’un déplacement alors que son mari ne voit pas d’inconvénients dès qu’une tente et de la nourriture leur soit distribuée régulièrement. « Je suis à Port-au-Prince depuis 15 ans mais aujourd’hui je n’ai pas de grandes volontés, dès que je trouve un toit et de la nourriture, pas de problème pour un déplacement » avoue Edouard contrairement à sa femme.
Dans tout ce doute, le dernier enfant de la famille, Wilguens Douyon (4eme année fondamentale) croit encore que son rêve de devenir professeur ou docteur est toujours réalisable. « J’ai la ferme conviction que je vais atteindre mes objectifs et dès que l’école ouvrira ses portes, je serai le premier à m’y rendre » déclare-t-il l’air optimiste et confiant. Wilguens ne sait pas encire si la majorité des écoles se sont effondrées et n’a pas conscience que ses parents viennent de tout perdre. L’Etat a un grand rôle à jouer pour permettre à Wilguens d’atteindre son rêve et il n’est pas le seul dans cette situation.



0 responses jusqu'à présent↓
Pas de commentaires...
Laissez un commentaire